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François Fabié est né en 1846 au petit moulin de Durenque.
Fils d'une mère paysanne et d'un père à la fois meunier et bûcheron,
son œuvre restera tout au long de sa vie inspirée du berceau de son enfance qui sera baptisé plus tard « Moulin de
Roupeyrac ».
Dans le cadre du projet de maison d’écrivain, ce moulin est aujourd’hui restauré en
musée, et garantit la valeur du souvenir du poète et de sa maison natale.
"Je vins au monde, il y a… bien longtemps, par une nuit du 2 au 3 novembre, au petit moulin de
Durenque, en Rouergue, le même que celui que je devais célébrer plus tard, en vers,
au théâtre Ballande, sous le nom de « Moulin de Roupeyrac », et, en prose,
aux Annales, dans « Moulins d’autrefois »."
Par cette phrase des Souvenirs d’enfance et d’Etudes, le moulin se pose en
filigrane sur la création littéraire de François Fabié.
Octobre 1879, le Troisième Théâtre Français joue le Moulin
de Roupeyrac. Ce drame en vers teinté de réalisme de la vie paysanne remporte un franc
succès populaire. Deux romans sont écrits sur le thème d’un moulin
rustique, et en 1925, il met en valeur « son enfance d’azur et d’or »
dans son ouvrage des Souvenirs.
Mais c’est surtout au cœur de la poésie que le berceau de l’enfance prendra toute sa
valeur littéraire.
Vers la maison (1899) est un recueil de poèmes très révélateur de cette
référence, chaque vers faisant état d’une proximité intense et sensible au foyer familial.
Si la nostalgie est l’essence même de la verve poétique, l’écriture de
François Fabié n’en est pas moins porteuse de valeurs philosophiques fortes,
illustrées par un sens profond et détaillé d’éléments picturaux, et
rythmées par un chant lyrique aux cadences et modulations intimement figuratives. Chaque personnage,
qu’il soit d’appartenance familiale ou plus largement paysanne, se fond ainsi dans
une harmonie admirablement composée.
Le Moulin s’élève aussi comme monument mythique concentrant entre ses murs toute
l’affection de l’auteur pour son Rouergue natal. A l’aube d’une période
conflictuelle déjà amèrement marquée par la défaite de 1870,
« la petite patrie » de François Fabié reflète sur elle-même la
souffrance d’une France en crise politique, mais aussi l’évolution économique, sociale
et culturelle qui bouscule sans cesse l’identité rurale de l’époque.
Ce contexte tumultueux va nourrir le sens conservateur du discours poétique et romantique, et
alimentera le succès de l’écrivain auprès des jeunes provinciaux émigrant pour
beaucoup vers la capitale.
Après avoir érigé un buste sculpté par Denys Puech au centre du bourg et baptisé son
école du nom de François Fabié, Durenque rend aujourd’hui hommage à son
poète en faisant du Moulin de Roupeyrac le pôle des manifestations festives du
village. Sous l’impulsion active du Syndicat d’initiative et de l’Amitié
François Fabié, la maison natale de l’écrivain accueille chaque année de
nombreux visiteurs, invités non seulement à se propulser dans l’âme de la
demeurre qui alimenta l’inspiration de l’auteur, mais aussi à
s’enrichir du témoignage des techniques meunières et bûcheronnes d’autrefois parfaitement
reconstituées pour la circonstance.
Un site Internet « http://www.francoisfabie.fr », contribue à la notoriété de cet
édifice aux richesses incontestables en éléments culturels et artistiques.